CAMPAGNES SOLIDAIRES
Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles. C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe. C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles. Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation... Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.
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DossierQuatre-vingts ans du statut du fermage : le faire vivre pour le protégerLes dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution
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Un jour, un héritier d'un bout de terre agricole assez éloigné du monde rural s'est offusqué auprès de moi d'être spolié de ses pouvoirs de néo-propriétaire par un nommé « statut du fermage » : « on ne peut pas faire ce qu'on veut de son bien, on ne peut pas choisir son fermier, le loyer n'est pas assez cher… ». Une petite leçon d'histoire s'imposait. Quatre-vingts ans après la loi créant le statut du fermage, tout le monde n'a pas eu le récit d'un grand-père qui devait faire la courte échelle à la baronne pour qu'elle descende de son cheval lorsqu'elle venait visiter sa ferme ; ou celui d'une fratrie qui devait faire une haie d'honneur au marquis propriétaire chaque dimanche matin lorsqu'il passait à cheval par leur village pour aller à la messe. Les paysans et paysannes étaient soumis·es à leur propriétaire, à sa merci. Chaque Saint-Michel, des familles étaient contraintes de charger leurs affaires sur la charrette et d'emmener Le statut du fermage a été créé pour sortir les paysans et paysannes de la précarité. Il leur a permis d'investir dans leur foncier et d'atteindre la sécurité alimentaire après-guerre. En reconnaissant le droit d'usage, il encadre forcément le droit de propriété. Révolutionnaire lors de sa mise en place, il est devenu au fil des décennies un acquis auquel on s'est habitué, rarement évoqué malgré le bénéfice qu'il apporte à l'agriculture française. Célébrer les quatre-vingts ans du statut du fermage c'est le mettre en lumière et, pour la Conf', c'est l'occasion de poser des jalons. Car les contournements et remises en cause de ce statut viennent de tous côtés : paysan·nes, propriétaires, politiques. Les libéraux surfent sur un prétendu « désamour » des propriétaires pour le fermage afin de le remettre en cause. Heureusement, sans succès pour l'instant. Si le fermage était si terrible, aurait-on 4,2 millions de propriétaires pour 490 000 agriculteur·ices et plus de la moitié du foncier agricole en location ? Face à l'immense enjeu du renouvellement des générations, l'urgence n'est en aucun cas de satisfaire les appétits spéculatifs sur le foncier en détricotant ces outils de régulation. Mais de les maintenir et de les renforcer pour garantir l'accès à la terre. Par Raphaël Cocaud, représentant foncier de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique |







